Upside down ou le Cendrillon des temps modernes

Avant, Cendrillon portait des pantoufles de vair (ou de verre c’est selon) et son carrosse se métamorphosait en citrouille passé minuit. Dans Upside Down, c’est Adam (Jim Sturgess), qui joue les roturiers et manque de brûler après une heure passée en compagnie de sa jolie dulcinée, Eden (Kirsten Dunst). Les temps changent et Juan Diego Solanas a bien compris les enjeux du conte moderne. Obsolètes la couronne et le trône. Terminé la méchante marâtre. Fini le machisme patent. Aujourd’hui la vraie difficulté, c’est la gravité. Au propre comme au figuré.

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Adam et Eden vivent dans un système solaire qui possède une double gravité, sur deux planètes jumelles qui tournent autour d’un même soleil. Cet univers binaire est gouverné par Transworld, une compagnie omnipotente qui interdit et punit toute forme de contact entre le monde du haut, riche et prospère, et le monde du bas, pauvre et en guerre. Adam doit donc ruser pour retrouver la petite fille dont il est tombé amoureux et qui vit… en haut. Visuellement déconcertant, ce Roméo et cette Juliette séparés par la gravité ne sont jamais aussi touchants que lorsqu’ils sont réunis, défiant l’ordre des choses pour se retrouver. Poétique mais peut-être aussi politique, Upside Down est une esquisse de notre propre monde, de la duplicité qui existe entre les pays du Nord et du Sud et les jolies événements qui peuvent, parfois, aussi germer.

Upside Down, de Juan Diego Solanas.
Au cinéma le 1er mai 2013.