Before Midnight, l’heure des adieux

L’heure a sonné. Dix huit ans après le premier film, neuf ans après le second, il était temps de boucler cette trilogie qui a traversé trois décennies. C’est partagé entre une excitation de regarder la suite et un pincement au cœur d’assister à la fin que l »on se rend en salles découvrir cet ultime volet des Before.

Copyright Before Midnight Inc. credit Despina Spyrou 4

Tout d’abord, c »est un vrai bonheur de retrouver Céline et Jesse, ce couple mythique qui s’était rencontré dans un train en partance pour Vienne en 1995. Elle française, lui américain, ils s’étaient perdus de vue, puis retrouvés à Paris en 2004 et on les avait laissés avec la certitude que, cette fois, ils ne se quitteraient plus. Premier soulagement de ce début de film : on les découvre ensemble avec,  à l’arrière de la voiture, deux petites têtes blondes endormies.

La trilogie des Before, c’est avant tout un concept, une discussion filmée sur l’amour entre un homme et une femme alors que ces derniers déambulent dans une ville à chaque fois différente. Les plans sont longs, fixes ou en plan-séquences, afin de suivre le couple en train de converser. Ici, c’est un dialogue permanent, principalement sur les relations de couple. Céline et Jesse parlent des fossés qui séparent les deux genres, elle l’écolo altruiste et hystérique, lui l’écrivain calme plus individualiste.

L’histoire de ce dernier volet est simple : en vacances avec leurs rejetons chez des amis en Grèce, ils se retrouvent une nuit seuls, et c’est là que tout explose. Une dispute surgit, justifiée par la place qu’ils occupent dans leur couple, vis-à-vis de leurs enfants et de leur travail. Et eux au final, s’aiment-ils toujours ?

La fin du film peut déplaire, tant le conflit dure et s’enlise, attisé par le personnage de Céline qui en rajoute toujours une couche face à un Jesse qui essaie d’apaiser le tout. En cherchant à pousser à bout son compagnon, elle en devient tout aussi désespérante que ridicule. Le dénouement final, quant à lui, arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, trop simple et sans relief. C’est sûr qu’au bout de trois films et de dix huit ans d’attente on espérait mieux. Les fans risquent donc d’être déçus par ce dernier point.

A voir néanmoins, car le traitement de l’amour n’a jamais été plus juste que dans cette trilogie. L’authenticité des acteurs, le charme d’Ethan Hawke, la vérité transpirante des dialogues, tout est là pour qu’on se laisse embarquer.

Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous, Céline et Jesse. Alors merci !

Before Midnight de Richard Linklater, avec Julie Delpy et Ethan Hawke.

En salles à partir du 26 juin.

©Despina Spyrou